Rachat partiel assurance vie : fiscalité 2026
Le rachat partiel assurance vie fiscalité soulève toujours les mêmes questions : quelle part est imposable, quel taux s’applique en 2026, comment profiter de l’abattement après 8 ans, et que déclarer concrètement ? Ce guide pédagogique vous donne une méthode pas à pas pour calculer les intérêts imposables, choisir entre PFU 30 % et barème, optimiser vos retraits et remplir votre déclaration en toute sérénité.
Rachat partiel : ce qui est imposable (principe de proportion)
Un rachat partiel retire à la fois du capital et des intérêts dans la proportion qu’ils représentent au jour du retrait. On ne paie donc l’impôt que sur la quote-part d’intérêts comprise dans le rachat.
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Formule :Intérêts imposables = Montant racheté × (Gains du contrat / Valeur du contrat)
Où :
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Gains du contrat = Valeur du contrat – Versements nets (après frais d’entrée éventuels).
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Valeur du contrat = épargne au jour du rachat, avant rachat.
Exemple simple :
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Versements cumulés : 20 000 € ; valeur du contrat : 24 000 € → gains = 4 000 €.
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Vous retirez 6 000 €.
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Part d’intérêts = 6 000 × (4 000 / 24 000) = 1 000 €.C’est cette part (1 000 €) qui sera soumise au régime fiscal et social.
PFU 30 % ou barème + abattement : comment choisir en 2026
Depuis la mise en place du prélèvement forfaitaire unique (PFU), l’imposition des intérêts d’assurance vie dépend à la fois de l’âge du contrat et du montant total des primes versées (plafond 150 000 € par personne pour le taux de 12,8 %). Pour rester opérationnel, retenez :
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Avant 8 ans : intérêts imposables au PFU 12,8 % (+ prélèvements sociaux 17,2 %), soit 30 % au total, sauf option pour le barème progressif.
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Après 8 ans : application d’un abattement annuel sur les intérêts rachetés : 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple soumis à imposition commune). Au-delà, imposition au PFU 7,5 % (si primes ≤ 150 000 €) ou 12,8 % (au-delà), + 17,2 % de prélèvements sociaux. Option barème possible.
En pratique, si votre TMI (tranche marginale d’imposition) est faible et si l’abattement couvre vos intérêts, le barème peut s’avérer neutre. Sinon, le PFU est souvent la voie simple.
Prélèvements sociaux : quand et comment sont-ils prélevés
Les prélèvements sociaux (17,2 %) s’appliquent aux intérêts.
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En fonds en euros, ils sont souvent prélèvés chaque année sur les intérêts crédités. Au rachat, on régularise s’il y a lieu.
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Sur les unités de compte (UC), ils sont prélevés au rachat sur la part d’intérêts incluse.
Retenez que PFU et prélèvements sociaux s’additionnent, mais ne s’appliquent que à la quote-part d’intérêts.
Trois cas pratiques chiffrés (2026)
Cas 1 — Contrat de 5 ans (avant 8 ans), rachat de 8 000 €
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Versements cumulés : 15 000 € ; valeur : 18 000 € → gains = 3 000 €.
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Part d’intérêts du rachat : 8 000 × (3 000 / 18 000) = 1 333 €.
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PFU 12,8 % + PS 17,2 % sur 1 333 € = ≈ 400 € d’impôt/PS.
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Option barème : intéressante seulement si votre TMI est très faible.
Cas 2 — Contrat de 10 ans, célibataire, rachat de 10 000 €
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Versements : 30 000 € ; valeur : 36 000 € → gains = 6 000 €.
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Intérêts dans le rachat : 10 000 × (6 000 / 36 000) = 1 667 €.
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Abattement 4 600 € > 1 667 € → intérêts nets d’IR (impôt sur le revenu = 0) ; restent les PS 17,2 % sur 1 667 € (≈ 287 €).
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Conclusion : optimiser les retraits après 8 ans permet souvent de ne payer que les PS.
Cas 3 — Contrat de 12 ans, couple, primes > 150 000 €, rachat de 30 000 €
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Versements : 160 000 € ; valeur : 190 000 € → gains = 30 000 €.
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Intérêts dans le rachat : 30 000 × (30 000 / 190 000) = 4 737 €.
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Abattement 9 200 € (couple) : couvre intégralement 4 737 € → IR = 0 € ; PS 17,2 % sur 4 737 € (≈ 815 €).
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Même au-delà de 150 000 € de primes, l’abattement protège une partie des rachats chaque année.
Stratégies d’optimisation : comment payer moins (légalement)
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Attendre les 8 ans si possible : l’abattement annuel rend les rachats réguliers très efficaces fiscalement.
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Fractionner les retraits sur deux années : vous profitez deux fois de l’abattement si votre besoin s’étale (ex. travaux en deux acomptes).
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Multicontrats : si vous avez plusieurs contrats de plus de 8 ans, répartissez vos rachats pour profiter de l’abattement sans déclencher de taux élevés.
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Arbitrer PFU vs barème : si votre TMI est bas (ou nul) et vos revenus faibles, l’option barème peut être gagnante.
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Choisir les UC judicieuses : limiter les rotations inutiles réduit les prises de plus-values imposables au moment des besoins de liquidité.
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Clore intelligemment un vieux contrat coûteux : comparez frais et fiscalité ; un transfert n’est pas toujours possible, mais plusieurs petits retraits abattus peuvent financer un nouveau contrat moins cher.
Rachat partiel programmé : la mécanique de revenus
Beaucoup utilisent l’assurance vie pour dégager un complément de revenus. La recette :
Fixez un taux de retrait raisonnable (ex. 3 % de la valeur/an, à ajuster selon l’allocation).
Mettez en place des rachats partiels programmés mensuels ou trimestriels.
Après 8 ans, ciblez un montant d’intérêts annuel ≤ abattement (4 600 € ou 9 200 €) pour neutraliser l’IR.
Attention : la part d’intérêts varie avec la performance. Suivez votre ratio gains/valeur pour ajuster le montant brut.
Déclaration d’impôt : ce qu’il faut renseigner
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Avec PFU : l’assureur pratique généralement un prélèvement non libératoire sur les intérêts, reporté dans votre IFU. Vous retrouverez les montants préremplis (cases dédiées revenus de capitaux mobiliers) et pourrez confirmer ou opter pour le barème.
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Avec barème : les intérêts imposables s’ajoutent à vos revenus. L’abattement après 8 ans est automatiquement imputé par l’assureur sur les intérêts versés, puis reporté.
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Les prélèvements sociaux sont affichés séparément ; vérifiez la cohérence avec vos attestations.
Conservez vos justificatifs : relevés d’opérations, IFU, attestation de rachat.
Cas particuliers et précisions utiles
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Contrats multi-supports : la méthode de proportion s’applique globalement (fonds euros + UC).
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Contrat en moins-value : si Gains du contrat ≤ 0, la quote-part d’intérêts est nulle → pas d’IR ni de PS sur le rachat (hors PS déjà prélevés sur le fonds euros).
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Primes > 150 000 € (post-2017) : le taux du PFU après 8 ans peut passer de 7,5 % à 12,8 % pour la fraction d’intérêts liée aux primes excédentaires ; l’abattement s’applique avant le calcul.
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Rachat avant 4 ans : ancienne grille (PFL) remplacée par le PFU/barème ; raison de plus pour éviter les retraits précoces si l’objectif est fiscal.
Liste ordonnée : pas-à-pas pour un rachat optimal
Relevez dans votre espace client : versements cumulés, valeur du contrat, gains/plus-values.
Calculez la quote-part d’intérêts du rachat avec la formule proportionnelle.
Vérifiez l’âge du contrat : avant/après 8 ans.
Projetez l’impact fiscal : PFU vs barème, et abattement (4 600 / 9 200 €).
Ajustez le montant à retirer pour rester sous abattement si possible.
Choisissez PFU ou barème (si l’option est pertinente), puis validez le rachat.
Archivez l’attestation de rachat et l’IFU pour la déclaration.
Planifiez vos prochains retraits (fractionnement sur 2 années si besoin).
Mettez à jour votre allocation après rachat (rééquilibrage si nécessaire).
Contrôlez la déclaration préremplie au printemps suivant et corrigez si besoin.
Erreurs fréquentes à éviter
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Confondre montant retiré et intérêts imposables.
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Oublier l’abattement après 8 ans (perte d’optimisation).
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Retirer avant 8 ans sans impératif alors que le besoin pouvait attendre.
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Sur-retirer en fin d’année alors qu’un fractionnement sur janvier vous donnait un abattement supplémentaire.
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Négliger les prélèvements sociaux sur UC (arrivent au rachat).
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Ignorer les frais (arbitrages, gestion) qui grignotent la performance long terme.
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Conclusion
Le rachat partiel assurance vie fiscalité devient simple dès que vous appliquez la règle de proportion, choisissez lucidement entre PFU et barème, et exploitez l’abattement après 8 ans. Avec quelques réglages (fractionner, programmer, multicontrats), vous pouvez dégager des revenus ou financer un projet en minimisant l’impôt. Formalisez votre méthode, conservez vos justificatifs, et réévaluez chaque année vos retraits à la lumière de votre situation fiscale.